Fabrication de masques alternatifs à Altho : élan de solidarité et talents des personnes accueillies au profit de la collectivité

Note : le présent texte a été écrit par Stéphanie Bationo, travailleuse sociale dans l'une de nos structures Altho.

 

« L'épidémie de COVID-19 a suscité de nombreuses interrogations. 

Dans ce contexte de crise sanitaire Les associations se sont mobilisés pour apporter afin des solutions aux personnes accueillies et aux salariés.

 

Une réorganisation globale du travail social a été mise en place en lien avec les directives de l’état. 

Dans les structures d’hébergement, il y a une restriction des entretiens présentiels (distance minimum de 1m pour chaque échange). 

L’association a mis en place des mesures pour protéger les personnes accueillies et les travailleurs (notamment par la mise à disposition de masques alternatifs, jetables et du gels hydroalcooliques). 

 

L’accompagnement social 

 

Il a fallu tout réorganiser et faire le maximum de démarches administratives à distance dans le cadre du télétravail.

Trouver des stratégies d’échanges et de communication (description par les logos…).

« Inventer plusieurs techniques pour Continuer à travailler de façons efficientes. Mais rien ne vaut l’entretien physique ».

L’annonce de la pandémie a suscité un climat anxiogène au sein des structures. Ce qui a été complexe pour les équipes qui devaient rassurer les résidents. 

 

Utilisation des talents pour la confection de masques Alternatifs 

 

Une conseillère du  dispositif Altho de Clichy sous-bois, nous confie que « la réalisation des masques est arrivée de manière spontanée pour tous ; Il fallait commencer quelque chose. Tout le monde était très heureux de se rendre utile. Nous avons maximisé sur les compétences de tous ». 

 

Élan de solidarité

 

Un élan de solidarité s’est mis en place au sein du dispositif Altho de Neuilly-sur-marne.

Monsieur Diaby, couturier dans son pays d’origine est hébergée avec sa famille sur le site de Neuilly-sur-marne. Face à la pénurie de moyens de protection il a proposé de mettre à disposition ses compétences en fabricant des masques alternatifs. L’équipe à mis à disposition de monsieur une machine à coudre et les draps neufs en coton. Ils ont fait appel à leur réseau personnel pour trouver du matériel compte tenu de la fermeture des merceries. Pour monsieur Diaby, comme pour les autres résidents, le confinement n’a pas été évident : « on s’est adapté car c’est arrivé assez brutalement ». A Neuilly-Sur-Marne, les familles partagent la cuisine. Les résidents se sont organisés entre eux et l’utilisait à tour de rôle dans le respect des mesures barrières. Monsieur nous explique que « les tours pour faire à manger s’organisaient de manière à ce qu’il y ait qu’une famille dans la cuisine » Les invitations dans les chambres étaient interdites. Le jardin pour l’ensemble des résidents a été très bien exploité pendant ces deux mois de confinement.

 Monsieur Diaby

 

 

Monsieur est d’origine Ivoirienne. Il a une expérience de 10ans. Monsieur a commencé en couture dans son pays d’origine en 1999, avec son cousin à l’âge de 16 ans (5 ans d’apprentissage) dans la troisième ville de son pays la cote d’ivoire. De 2005 à 2007, monsieur a ouvert son propre atelier de couture dans lequel il avait 2 machines et 3 apprentis à son service.En 2007 monsieur décide d’aller se former en haute couture dans la capitale Ivoirienne (Abidjan). Monsieur y reste 1 an.C’est en 2008 que monsieur ouvrira son atelier dans la capitale ivoirienne jusqu’en 2011 avant la crise politique du pays. Monsieur a alors 4 apprentis et l’atelier fonctionne assez bien. Monsieur nous confie qu’à l’ouverture de son atelier de couture, il reprenait beaucoup des tenues existantes pour en faire d’autres tenues. Après il cousait beaucoup de modèles wax, ses clients étaient de plus en plus satisfaits. A l’arrivée de la crise monsieur a dû se rendre d’abord en Mauritanie. C’est là-bas que monsieur va enrichir sa culture dans son domaine de prédilection.Monsieur va travailler 8 mois dans un atelier de couture. Il explique qu’il va apprendre la délicatesse des voiles et tissus fin. Monsieur passera par le Congo pour afin arriver en France.

 

Monsieur Diaby aujourd'hui

 

 Monsieur Diaby à La Fabrique Nomade

 

 

Monsieur est présentement en formation chez La Fabrique Nomade.

C’est une association qui « valorise et favorise l’insertion professionnelle des artisans migrants et réfugiés en France ». L’association accompagne "ces femmes et ces hommes, passionnés, dotés d’un savoir-faire acquis dans leur pays d’origine", pour leur permettre de continuer à exercer dans leur domaine de prédilection. La formation dure 9 mois. Des cours de français sont également dispensés par des professeurs bénévoles. L’objectif étant d’apprendre aussi à répondre aux normes de finitions de la France. Les élèves sont accompagnés par des stylistes et modélistes tout au long de la formation. C’est une formation certifiante permettant de postuler par la suite dans différentes entreprises de la mode.

 

La fabrication des masques à Neuilly-sur-marne

 

Les familles et les membres de l’équipe ont contribué en découpant les patrons pour soutenir monsieur durant la confection. C’est en voyant les masques en tissus fournis par l’association, que monsieur va se proposer de fabriquer des masques. La conseillère sur le dispositif à Neuilly-sur-marne va alors lui prêter la machine à coudre de la structure et un patron trouvé sur internet. Monsieur va faire trois types de masques pour les résidents de la structure tout en répondant aux normes. Monsieur nous a fait un peu moins d’une centaine des masques.

 

 Un échantillon des masques cousus

 

Solidarité du coté de Clichy-sous-bois

 

Fort de l’expérience de Neuilly, le projet est déployé à Clichy-sous-bois. Les équipes travaillant ensembles, trois familles couturières vont se saisir du projet. Un élan de solidarité se crée parallèlement. Les résidents accompagnés de l’équipe se mobilisent pour confectionner des masques de protections. Plusieurs Ateliers de création ont lieu. Les familles Kulasingam, Ntemo et Amrani s’alternent pour la fabrication de masques de protection. Plus de 300 masques seront fabriqués entre les résidents et l’équipe : Natalia, Gaëlle, Noël. Une machine à coudre est prêtée à une famille tandis qu’une autre est placée dans salle commune. Les familles intéressées viennent à tour de rôle, lorsqu’elles le souhaitent, faire leur création. C’est dans une excellente ambiance que les ateliers se déroulent.

 

 

 

« C’était bien les ateliers, on participait à quelque chose d’important »

 

Les masques sont alors redistribués aux résidents qui étaient tous très enchantés.150 masques sont proposés à la mairie de Clichy afin qu’elle redistribue aux écoles environnantes. Un geste qui a été grandement apprécié par la ville. Les résidents étaient très fiers de leur action. Les matériaux utilisés ont été du tissu, du wax, des draps, du coton et des élastiques.

 

Nous avons contribué à cet élan de solidarité en proposant aux écoles les masques de monsieur. Nous avons expliqué que toute la structure s’est mobilisée autour du projet réalisation de masques et que monsieur avait confectionnés les masques. Nous avons aussi expliqué que la fille de monsieur était dans l’école d’en face chez les grands. Elle nous explique que les collègues étaient très enchantées de la proposition de la structure. La directrice était très ravie et nous a remercié, au nom de toute l’équipe pédagogique. Monsieur était très heureux et fière que les masques qu’il a fabriqués ait été offert dans une des écoles à laquelle nous dépendons. L’on pouvait deviner son sourire par le coin de ses yeux à travers son masque.  »

Pour en savoir plus sur nos actions pendant, et après le confinement : https://abri93.wixsite.com/journalduconfinement/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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